La profondeur de champ et la créativité

Profondeur de champ réussir un bokeh

Profondeur de champ réussir un bokeh

 

I – Pourquoi maîtriser la profondeur de champ ?

Maitriser la répartition des flous et la netteté d’une image est une expression de créativité. Cette technique, accessible à tous les utilisateurs d’un boîtier Reflex, est un outil magique qui permet de donner une certaine direction à l’image et d’y imprimer ses émotions. Selon vos inspirations, la netteté des éléments qui composent votre image vous autorise à :

  • à suggérer, laisser une part plus ou moins grande à l’imaginaire;
  • raconter une histoire;
  • simplement reproduire la réalité aussi fidèlement que possible

Apprivoiser la profondeur de champ vous permettra donc de laisser cours à votre créativité !

Nénuphars profondeur de champ-3

La profondeur de champ définit la zone de netteté de l’image. En tant que photographe, c’est à vous de délimiter cette zone et de décider quelle partie de votre image doit être nette ou floutée.

Lorsque vous faites une mise au point (manuelle ou à l’aide de l’autofocus) sur un sujet, vous décidez de le rendre net. L’espace se trouvant devant et derrière votre cible le sera aussi plus ou moins selon votre choix de diaphragme, de l’optique et de la distance du sujet par rapport à l’appareil.

La profondeur de champ est un outil essentiel à la construction d’une image. Qu’il s’agisse de retranscrire une émotion en laissant le flou l’imprégner ou de réaliser une photo plus technique (nette du premier à l’arrière-plan), il est important de bien maitriser la profondeur de champ afin d’imposer votre style à vos images.

La PdC (profondeur de champ) de votre prise de vue est divisée en trois plans :

  • un premier tiers (1/3 de la PdC) est situé à l’avant de la cible sur laquelle vous faites la mise au point ;
  • deux autres tiers (2/3 de la PdC) sont à l’arrière de cette même cible.

Profondeur de champ

La boule rouge est floue, la jaune nette et l’arrière plan flouté

Le premier plan sera donc plus flou que l’arrière-plan. On notera également que l’on ne passe pas brutalement du flou au net, et vice versa : il existe une zone de transition, comme on peut le constater sur l’image ci-dessous.

Inde apprendre la photo de voyage

II – Comment bien gérer la profondeur de champ ?

3 paramètres vous permettrons de bien gérer la profondeur de champ : l’ouverture du diaphragme, la distance du sujet (par rapport à l’appareil) et l’optique (l’objectif, aussi appelé la focale).

1- L’ouverture du diaphragme :

Elle détermine la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif. Pour info : le chiffre par lequel elle est représentée correspond à la focale divisée par le diamètre d’ouverture réelle du diaphragme.

Pressez le déclencheur et le diaphragme se « fermera » en fonction de vos réglages, comme illustré…

Afficher l'image d'origine

Plus simplement, on dira qu’une grande ouverture – f/2.8, f/4, f/5.6 – correspond à une petite profondeur de champ (utilisée en particulier pour le portrait ou faire ressortir son sujet). A l’inverse, une petite ouverture – f/11, f/16, f/22 – crée une grande profondeur de champ (maximum de netteté, utilisée pour la photo de paysage).

A RETENIR

Un moyen simple de se souvenir de la relation entre le diaphragme, le temps de pose et la profondeur de champ :

Diaphragme grand ouvert = Afflux massif de lumière

Temps de pose court – Petite profondeur de champ

——————————-

Diaphragme plutôt fermé = Peu de lumière

Temps de pose plus long – Grande profondeur de champ

OU ENCORE

  • Plus le diaphragme est ouvert (nbre f petit) plus la zone de flou est grande.
  • Plus la focale est longue, plus la profondeur de champ est petite.
  • Plus la distance de prise de vue est courte, plus la profondeur de champ est réduite.
  • A cadrage identique (rapport distance/focale constant), la profondeur de champ est constante

Lorsque vous travaillez en mode manuel, vous devez veiller à faire correspondre le temps de pose (vitesse d’obturation) avec le diaphragme sélectionné afin que l’image soit correctement exposée.

Pour cela, travaillez en observant la réglette d’exposition dans votre viseur. Il est aisé de comprendre qu’un diaphragme fermé à f22 laisse passer moins de lumière jusqu’au capteur et qu’il faudra ajuster le temps de pose à ce déficit de lumière.

Vous pouvez également utiliser le mode AV (priorité diaphragme) qui, comme son nom l’indique, privilégie le diaphragme choisi et adaptera la vitesse d’obturation de manière automatique.

Néanmoins, pour un meilleur apprentissage, je recommande à ceux qui souhaitent réellement faire de la photo et mieux comprendre le fonctionnement de leur boîtier de se familiariser avec le mode manuel.

L’utilisation des modes priorité pourra vous être très utile par la suite mais elle peut nuire à la bonne compréhension de votre matériel dans un premier temps. J’irai même plus loin, si vous souhaitez utiliser le mode automatique, ce n’est pas la peine de continuer à lire cet article ! Vous n’êtes pas à la bonne adresse, foncez chez Amazon et acheter un superbe appareil compact !  🙂

 

2- La distance du sujet par rapport à l’appareil photo

Plus la distance de mise au point diminue, plus la profondeur de champ est réduite.

En d’autres termes, plus vous rapprochez l’objectif de votre sujet ou zoomez sur lui, plus la profondeur de champ devient courte, et ce, à ouverture constante. Par exemple, pour « détacher un sujet » de son environnement (le rendre net tout en créant du flou devant et derrière lui) vous devrez vous rapprocher ou zoomer sur votre sujet.

A contrario, si votre mise au point est faite sur l’infini, la zone de netteté devant le sujet devient faible tandis que tout ce qui se trouve derrière reste net.

Vous trouverez, plus loin dans cet article, des illustrations concrètes de ce que peut vous apporter une maîtrise de la profondeur de champ…

Le choix de la focale, ou la façon dont vous utilisez votre zoom, est déterminant. En effet, plus la focale est longue (135mm par exemple), plus la zone de netteté semble réduite.

A l’inverse, plus la focale est courte (24mm par exemple), plus la profondeur de champ parait importante. Si les focales longues créent une impression de profondeur de champ réduite, c’est surtout parce quelles sont utilisées pour rendre le sujet plus gros qu’il ne l’est en réalité.

En fait, la profondeur de champ est quasiment constante malgré l’allongement de la focale. « Quasiment » parce que, d’un point de vue mathématique, l’influence de la longueur focale est négligeable lorsqu’on la compare au choix de l’ouverture (du diaphragme) et à la distance sujet/objectif. En revanche, il y a bien une impression de profondeur de champ réduite compte tenu du grossissement du sujet dans le cadre et de la modification de la perspective.

Hyperfocale : qu’est ce que c’est ?

Rappel du tuto sur la photo de paysage, 7 astuces pour bien débuter ! Reportez vous au Tuto sur l’hyperfocale pour comprendre cette astuce (à lire impérativement avant d’aller plus loin). Cliquez sur ce lien !

Il s’agit d’obtenir la plus grande zone de netteté possible, donc une grande profondeur de champ allant du premier plan à l’infini, plus facile à dire qu’à faire. Cependant, il y a une astuce ! On va faire simple et ne pas rentrer dans les détails qui de toute façon ne serviront à rien. Seul le résultat compte ! La photo en toute simplicité a t-on dit ?… Lire la suite ici

Voyages-photos-2016-newsletter-3_thumb.jpg

Hyperfocale – Photo nette du 1er plan à l’arrière plan

3- Le choix de la focale

Nous retiendrons que :

  • Longue focale (télé-objectif) = profondeur de champ réduite
  • Courte focale (grand angle) = grande profondeur de champ

III – La technique au service de l’expression

Nous savons désormais que plus la profondeur de champ est étendue, plus le sujet est intégré dans son environnement. En revanche, plus elle est courte, plus il est isolé. Aussi, définir et modifier votre profondeur de champ vous permettra de donner un sens différent à chacune de vos images.

Observez, par exemple, ces 2 images. 2 options se sont offertes à moi :

  • La femme Birmane dans la pirogue, une ouverture à f4. On devine les ondulations de l’eau.

Birmanie Lac Inle profondeur de champ

Ou cette laveuse de linge ! J’ai choisi une ouverture à f2.8 qui donne une aspect « tableau » à cette photographie. La profondeur de champ est réduite au maximum afin de flouter complètement le plan d’eau derrière le sujet.

Birmanie Lac Inle profondeur de champ-2

En fonction de votre sensibilité et de vos émotions, vous définirez les paramètres de la profondeur de champ afin que votre vision soit correctement retranscrite sur l’image finale.

Pour illustrer cela, je vous propose 3 images prisent avec un seul objectif transtandard 24 -105mm.. Les shoots sont réalisés ainsi :

Photo 1 – Optique 50 mm, petite ouverture, soit diaphragme f22, cadrage large. L’image ne présente que très peu d’intérêt : la zone de netteté fournie ici trop d’informations. On distingue la libellule dans son environnement.

Libellule profondeur de champ 

 

Photo 2 – Optique 50 mm, grande ouverture, soit diaphragme f4, même cadrage que la photo 1. C’est un peu mieux. La profondeur de champ a été réduite : le fond devient légèrement plus flou et le sujet « s’isole » d’avantage que reste de l’image, qui dans ce cas précis ne présente toujours pas grand intérêt.

 Libellule profondeur de champ-2

Photo 3 – Optique 105 mm, diaphragme f4 à nouveau, mais, dans ce cas, nous nous rapprochons du sujet qui se détache ainsi entièrement du fond. A mon sens, l’image prend corps et tient presque la route.

Libellule profondeur de champ-3

Dans cet exemple, j’ai orienté mes réglages de façon à ce que mon image reflète ma conception du rapport entre le sujet et la scène (son environnement). J’ai donc choisi de me de placer près du sujet avec une longue focale et une ouverture maximum  f2.8 (petit chiffre). Certain parmi vous opterons pour plus de netteté et voudrons garder les informations fournies par l’environnement dans lequel baigne le sujet. A chaque déclenchement, vos choix contribuent à définir votre style « d’écriture photographique ». C’est pourquoi une bonne compréhension de la notion de profondeur de champ constitue une étape incontournable en photographie.

Madagascar-images-top-50-web-38.jpg

J’ai fait la mise au point sur l’œil, le pelage de la patte et l’arrière plan sont floutés, afin de mettre en valeur la gueule de l’animal (ouverture à f2.8) 200mm

 

A la fin de cet article, un certain nombre d’entre vous se diront que la photographie n’est pas pour eux. Pour vous, retournez à la plage, jouez au ballon ! Mais une grande partie d’entre vous sont des vrais passionnés et cette étape qui peut paraitre un peu délicate (beaucoup moins à la deuxième lecture et à son application) va faire toute la différence entre un photographe et un bon photographe !

Si cet article vous a plu ou si vous souhaitez poser une question, laisser un commentaire ci dessous !

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13 commentaires à propos de “La profondeur de champ et la créativité

  1. Merci pour ce rappel qui est si nécessaire dans la prise de belles photos. Tu as beaucoup de travail en vue, mais j’espère que tu profites aussi du temps présent. Merci pour ta transmission de connaissances. Salutations du Québec qui sera bientôt dans la neige et non sous un soleil ardent.

    1. Bonjour Hélène,

      Merci de te soucier de mon bien être, cela fait toujours plaisir que les lecteurs du blog se rendent compte de l’énergie et du temps que je dépense pour vous aider à progresser en photographie. C’est le résultat de mêler « Passion et Travail »… Où s’arrête l’un, où commence l’autre, il est très difficile de délimiter la frontière. Alors je ne compte pas, votre fidélité et confiance me suffisent à continuer. A bientôt

    1. Bonjour,

      L’illustration en question avait pour vocation de montrer un des objectifs que j’ai utilisé pour faire les photos de cet article. Il s’agit d’un 24-105mm f4.0.( Le 2ème télé-objectif utilisé est le fabuleux 70-200mm f2.8 ) Ceci peut effectivement porter à confusion ! Merci pour votre remarque, j’ai donc supprimé cette image afin de ne pas perturber la compréhension de l’article. A bientôt !

  2. Merci pour ces explications très claires. Je débute et votre approche pédagogique par l’exemple facilite la compréhension.
    Y a plus qu’à essayer … merci.

    1. Bonjour et merci Mahé, je compte sur vous pour mettre en application le plus tôt possible les explications de ce Tuto, c’est à dire avant le prochain Tuto qui ne va pas tarder……. Oups ! Vous savez que le meilleur apprentissage est la pratique ! Merci de me raconter dans un prochain commentaire comment s’est passé votre mise en pratique sur la profondeur de champ ! A bientôt

  3. Bonjour M-A, je viens à l’instant de mettre en pratique ton tuto en prenant 2 photos: la première avec une focale 70, f/4.5 et la seconde avec une focale 135, f/5.6. Dans les deux cas l’arrière plan est flouté mais pas assez à mon gout pour obtenir un joli bokeh, mais avec mon 18-135 de chez Pentax peu pas mieux faire (sic). La prise avec la focale à 70 me donne une vue plus étendue de l’arrière plan et grossi moins le sujet principal en comparaison avec la focale à 135. Ben voilà pour mon retour d’expérience! @+ et merci pour l’article. 🙂

  4. Bonjour Fabien,
    Tu devrais réessayer l’exercice en te rapprochant de ton sujet. Tu sais que la distance entre le sujet et la focale est aussi très importante. Rappelle toi dans le tuto, je dis :  » Plus la distance de prise de vue est courte, plus la profondeur de champ est réduite » ! Fais un feedback de cette nouvelle tentative ! A bientôt

  5. Je viens de découvrir il n’y a pas longtemps votre blog et j’en suis heureuse. Un ami m’aide à me perfectionner en photo mais je ne l’ai pas toujours sous la main pour lui demande des explication.
    Avec votre blog je comprends mieux et vos explication s sont simples. Merci de fond du coeur, cela m’aide beaucoup
    Josiane

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