Comment bien utiliser la balance des blancs ?

Un outil magique sur votre appareil photo

 

Ces quatre photos vous intriguent ? Alors, je vous explique !

Balance des blancs Lumière du jour 5500°K Balance des blancs Tungstène 2580°K

Balance des blancs automatique 6500°K Balance des blancs personnalisé 12000°K

La balance des blancs est un petit bijou de technologie pour nous faciliter notre vie de photographe. A l’époque du tout argentique, les photographes n’avaient d’autre choix que de trimballer une sacoche garnie de divers films et filtres pour faire face à des conditions d’éclairage changeantes :

  • films “Tungstène” pour la lumière artificielle ;
  • films spécifiques “lumière du jour” ;
  • filtres de conversions et/ou de compensation

La technologie numérique permet désormais de modifier la “balance des blancs” à l’aide d’un simple bouton. Facile d’utilisation et grand contributeur à la mobilité du photographe par la réduction de son encombrement. Les appareils photo numériques (APN) nous permettent de choisir entre l’automatisation des réglages et la liberté de les manipuler en fonction de la nature de la lumière ou de l’effet recherché :

  • lumière du jour pour le temps clair ;
  • nuageux par temps couvert ;
  • lumières artificielles diverses : tungstène, néon, halogène et autres lampes et ampoules.

Par ailleurs, il est désormais envisageable de modifier la “balance des blancs” après la prise de vue en utilisant un logiciel de post traitement tel que Lightroom. Avant d’attaquer les festivités et pour ne pas vous effrayer, voilà de quoi nous allons parler : il existe une fonction magique, vous l’aurez compris, sur notre appareil Reflex, elle s’appelle la “balance de blancs”.

La balance des blancs permet de retrouver des teintes naturelles et de supprimer les dominantes colorées.

image balance des blancs

Écran LCD de notre boitier reflex, accessible par le menu ou un raccourci spécifique (voir la notice d’utilisation de votre appareil).

I – Qu’est ce que la balance des blancs ?

La manipulation de la balance des blancs permet de définir la colorimétrie (remarquez les 4 photos d’introduction). C’est à dire ? Orienter l’interprétation du capteur en fonction de la nature de la lumière ambiante.  Pour quoi faire ? Prévenir une dominante de couleur sur votre image. Les objets blancs dans la réalité doivent le rester sur notre image. Il nous faut donc tenir compte de la température de couleur de la lumière source, plus ou moins chaude, qui aura une incidence sur le rendu global de notre photo. Notre perception visuelle est très indulgente. Lorsque nous nous déplaçons d’un endroit à un autre, les couleurs restent stables. De même si nous passons d’un éclairage plein jour à celui d’une bougie, notre œil ne constatera qu’une différence de niveau de lumière.  Pourtant, si l’on shootait ces 2 situations avec le même mode prédéfini “lumière du jour”, la 1ère image aurait une teinte bleutée alors que l’autre présenterait une forte dominante jaune–orangée.

Exemple :

Lumière du jour en exterieur Rocamadour

J’ai shooté avec le mode prédéfini “lumière du jour” en extérieur en fin de matinée le village de Rocamadour. On constate une image à dominante bleutée assez proche de la réalité.

Lumière du jour en intérieur avec de la lumière artificielle

A quelques kilomètres de là, je suis entrée visiter le gouffre de Padirac en laissant mon réglage sur le mode prédéfini “lumière de jour”. Résultat : une image à dominante jaune orangée loin de la réalité. Je brûle un peu les étapes mais regardez ce qui se passe en choisissant un mode prédéfini adapté : en réglant la balance des blancs sur tungstène, soit 3 200°K, voilà une belle image avec une dominante de couleur conforme à la réalité :

Balance des blancs tungstène

Une bonne utilisation de la balance des blancs vaut son pesant d’or et mérite que l’on si attarde, n’est ce pas ? Alors, on continue !

Notre cerveau s’adapte rapidement aux changements et reproduit le blanc perçu par notre œil. Or, les capteurs de nos appareils numériques sont équilibrés de telle sorte que les couleurs soient restituées le plus fidèlement possible en fonction de repères préétablis. En l’occurrence, le blanc et le gris constituent des points de références qui permettent à l’ensemble du spectre colorimétrique de se positionner pour rendre une dominante de couleur conforme à la réalité.

En clair, comprendre la balance des blancs en photographie vous permettra d’éviter les dominantes de couleur générées par une mauvaise interprétation du capteur de votre appareil et, de fait, d’améliorer la qualité de vos photos quelles qu’en soient les conditions d’éclairage.

II – La température de couleur ?

 

Attribuer une température à la couleur permet de décrire la couleur de la lumière de façon standardisée. L’unité de mesure de cette température est le « degré Kelvin » dont les différentes valeurs se répartissent sur une échelle qui va de la flamme de la bougie (1 900° Kelvin) au ciel bleu profond (environ 10 000°K)

Les kelvins

Par exemple un réglage standard “jour/soleil” ou “lumière du jour” est équilibré à 5200°K. Si vous shootez  avec ce paramètre prédéfini dans des conditions normales, c’est à dire en extérieur et en milieu de journée (comme la photo ci dessus du village de Rocamadour) votre capteur interprètera le blanc comme un blanc et les couleurs apparaitront donc naturelles. En revanche, si la température de couleur diminue, l’éclairage d’intérieur par exemple, une dominante jaune –orangé viendra les perturber ( La première photo du gouffre de Padirac). A l’inverse, si cette température augmente; l’image prendra une teinte globalement bleutée. On notera pourtant que l’on parle de lumière “chaude’’ lorsqu’elle tend vers le bleu.

On fait une pause et on s’amuse :

Dans la plupart des cas, il nous faudra une bonne balance des blancs pour restituer fidèlement les couleurs de nos prises de vues. Mais rien ne vous empêche de détourner cet outil et de ne rien écouter de ce que je vous dis pour servir vos élans créatifs… L’image ci-dessous a été prise avec 3 modes prédéfinis différents pour donner 3 effets. Il en résulte : d’un côté une “montée” du jaune-orangé, et, de l’autre, celle des bleus. Cela donne un côté magique à l’image qui peut ainsi être adaptée au goût et à l’envie de chacun.

.

III – Le réglage de la balance des blancs lors de la prise de vue

Equilibrer la balance des blancs à la prise de vue a plusieurs avantages :

  • vous éviter de multiplier les manipulations au développement ;
  • privilégier l’essentiel de la photographie (surtout sur ce blog) : faire de belles images dès la prise de vue ;
  • capturer une référence des couleurs d’origine, sans être obligé de les réinterpréter en post traitement.

Notre bonheur est de partir en balade pour faire de la photo, pas de passer des heures devant son écran d’ordinateur (comme je le fais depuis un moment pour vous fournir les bases de la photographie, mais là c’est pour la bonne cause… N’est ce pas ?)

– Le mode automatique : AWB ou AUTO

Nos boitiers numériques sont souvent livrés en mode “automatique – white balance” (équilibrage automatique des blancs) ou “auto” par défaut.

Pour info (mais ce n’est vraiment pas l’essentiel à retenir) : ce mode consiste en une série d’algorithmes qui divisent l’image en plusieurs segments afin d’évaluer la température des sources de lumière. Pour compenser les éventuelles dominantes, la totalité du spectre des couleurs est compensée en fonction de cette évaluation de température. Par exemple, si l’ambiance générale semble trop bleue, elle sera compensée avec du jaune afin d’assurer la bonne restitution des couleurs naturelles. A contrario, si l’image est perçue comme orange, la teneur en bleue sera augmentée. Chaque fabriquant utilise ses propres algorithmes pour faire la somme des informations recueillies. En général, les couleurs obtenues sont correctes pour une fourchette allant d’une température de couleurs de 3000°K à 7000°K. Ce mode automatique est pratique au quotidien puisqu’il s’adapte aux diverses situations rencontrées. Cependant, bien que les appareils numériques enregistrent les scènes avec un maximum de précisions, l’interprétation du capteur ne correspond pas toujours à la façon dont notre œil les perçoit. Les modes prédéfinis peuvent, dan ce cas, s’avérer une alternative utile.

– Les modes prédéfinis

balance-des-blancs-1_thumb

Les modes prédéfinis vous permettent de sélectionner manuellement la température de couleurs qui vous semble correspondre à la scène que vous photographiez (lumière du jour, nuageux, tungstène, fluorescent ou flash, voir l’image ci dessus).

En fonction du mode sélectionné, l’appareil applique une correction standard prédéfinie qui rétablit l’équilibre colorimétrique. Les noms diffèrent selon les marques et appareils photos mais la température de chaque mode prédéfini reste la même.

  • En sélectionnant le mode lumière artificielle (Tungstène) vous indiquez à votre boitier que la température de lumière est naturellement chaude (tirant d’avantage vers les jaunes-orangés) et qu’une correction s’impose, en l’occurrence pour remonter les bleus;
  • Le mode fluorescent corrige les dominantes verdâtres des néons ;
  • Le mode flash compense l’excédent de bleu souvent produit par ce dernier type d’éclairage.

Personnaliser votre balance des blancs (cela donne lieu à un autre tuto)

Il est également possible d’étalonner vous même la balance des blancs. Il s’agit alors d’indiquer à votre boitier ce que vous considérez être un blanc neutre pour qu’il adapte son espace colorimétrique à ce dernier et surtout aux conditions d’éclairage de votre prise de vue. Cette opération, relativement simple, a pour but de garantir une bonne restitution des couleurs en tenant compte de l’environnement. Pour ce faire, il vous faut naviguer jusqu’au menu « Personal White Balance » de votre boitier. Vous aurez alors 3 solutions pour procéder à cet équilibrage manuel des blancs, shooter :

  1. une carte de gris neutre,
  2. une feuille blanche,
  3. la “paume de la main”…

Il vous faudra enregistrer le cliché choisi dans la mémoire de votre appareil pour étalonner votre balance personnalisée… Vous trouverez mes astuces et conseils à ce sujet dans un tutoriel spécifique à paraître… très bientôt,  sur ce blog.

 

IV  – La Balance des blancs en post traitement

Important : j’utilise Lightroom pour tout ce qui est post traitement. Cette tâche fait partie intégrante de l’activité d’une photographe amateur ou pro maintenant que nous sommes à l’ère du numérique. Lightroom Adobe est un dérivé de Photoshop Adobe. Il regroupe toutes les fonctions indispensables pour sublimer vos images après la prise de vue. Il ne s’agit pas de passer des heures devant son ordinateur, mais de donner la touche finale à vos images pour réaliser les photos de vos rêves.

La balance des blancs est la première correction à exécuter lors du développement de votre image en post traitement. L’opération est, en pratique, assez simple : il suffit d’identifier les parties neutres de l’image (blanc ou gris) et de déplacer la pipette sur la zone repérée pour cliquer.

Il s’agit de la première correction à faire lors du développement de votre image en post traitement. Pour ce qui est de la pratique, c’est assez simple.  Il suffit d’identifier les parties neutres de l’image (blanc ou gris) et de cliquer dessus en déplaçant la pipette sur la zone repérée .

selection pipette post traitement

pipette lightroom

Cette opération permet de rétablir la neutralité globale de l’image en supprimant les éventuelles dominantes. Il vous faudra parfois tâtonner (avant de trouver l’endroit adéquat où cliquer) mais modifier la balance des blancs en post production est une opération accessible à tous et réellement recommandée. Elle est toutefois soumise à une seule règle :

Travailler en format d’image RAW (image brute)

1 – En RAW

En RAW, l’appareil photo enregistre la balance des blancs comme une métadonnée saisie au moment de l’exposition. C’est à dire que la valeur retenue au moment du shoot est enregistrée dan le fichier mais n’est pas appliquée au données brutes de l’image. Les logiciels tels que Capture One, Camera Raw, aperture ou Lightroom reconnaissent cette valeur et vous permettent de la modifier. On peut la changer à l’envie puisqu’on manipule les métadonnées et non les informations brutes qui composent l’image. Vous savez que toutes les modifications apportées à un fichier ne sont pas destructrices.

2 – Au format JPEG

En format JPEG, par contre, la valeur retenue par le boitier est, non seulement enregistrée, mais aussi appliquée à l’image. Dans ce cas, sa valeur d’origine aura déjà été utilisée pour modifier les données de pixels dans le fichier et toutes les corrections ultérieures ne pourront plus être qu’approximatives.  Par exemple, dans Camera Raw (Adobe Photoshop), l’échelle de température Kelvin sera remplacée par une échelle allant de – 100 à 100 ( soit 2000°K à 50 000°K). De plus, en modifiant les données brutes de notre image, leur qualité sera irréversiblement diminuée.

Vous l’aurez compris, même si le terme parait technique et rébarbatif, la “balance des blancs” est un moyen simple d’optimiser le rendu de vos couleurs et donc de vos images.

Si ce tutoriel vous a plus… que vous avez une question… Laissez un commentaire ci dessous !

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

11 commentaires à propos de “Comment bien utiliser la balance des blancs ?

  1. Quel article ! Super complet ! Jusque là je me contentai de laisser ma balance des blancs (BdB) sur « nuageux » après avoir abandonné l’automatique.
    Seulement au post-traitement, parfois je jouais sur le curseur de température pour ajuster au plus près sur certains clichés.
    Mais après la-les lecture-s de ton excellent article je vais essayer d’adapter directement au moment de la prise de vue ma BdB.
    Merci donc Marie-Ange de nous avoir concocté un aussi copieux article très instructif.
    Bonne continuation !
    Gérard

  2. Je ne dis pas que si j’avais intertogation ecrite tout de suite j’aurai un 20/20 mais j’ai serieusement avance dans ma comprehension de la balance des blancs grace a votre concis mais excellent tuto.
    Merci pour votre generosite et tres beau voyage !

  3. J’adore vous lire….et cette lecture vient faire la boucle de la BB., Une petite question..Souvent je prend mes photos en BB automatique, je vais m’appliquer dorénavant à ajuster avant prise de vue. Maintenant croyez vous que la manipulation BB sur logiciel touche un tantinet sur la qualité de l’image ?
    Merci beaucoup et au plaisir de vous lire longtemps longtemps

  4. Super article Marie-Ange, très intéressant et très instructif ….en plus tes images avec tes commentaires sur les réglages de la balance….. ça complète le tout !!

    Quand je suis à l’extérieur, je pense systématiquement à la balance des blancs (les isos etc etc …. vieux réflexe de l’apprentissage au Vietnam avec une spécialiste et professionnelle nommée Marie-Ange)) …. en intérieur j’ai tendance à oublier mais je ne fais pas souvent d’intérieur et forcément déçue par les résultats .

    Ensuite puisque tu abordes le RAW et le JPEG …. j’ai expérimenté, à une époque les 2 en même temps, mais cela tient énormément de place sur la carte mémoire … ce n’est pas le principal souci mais , aussi mes logiciels de retouche (je n’ai pas lightroom) ne gère pas forcément le RAW et quand il le gère …..moi je m’y perds avec …. du coup je perds les pédales !!!

    C’est vrai que lorsque l’on retouche une photo en JPEG on perd beaucoup de qualité suivant les retouches …. donc vaut mieux avec le JPEG avoir la bonne photo sans avoir à retoucher !!!

    Je rencontre des difficultés avec les photos de nuit pour mes réglages …. besoin de tes lumières !!

    Merci Marie-Ange d’avoir passé du temps pendant ton vol pour ce article …..

  5. bonjour,c’est un vrai plaisir de vous lire et d’apprendre avec vous, c’est vrai que je ne pense pas à régler la balance des blancs sur mon appareil photo, je le fais sur lightroom, je vais y penser maintenant.
    Je viens aussi de mieux comprendre l’échelle de température de Kelvin,
    merci

  6. Bonjour M-A et merci pour cet article bien construit, c’est un plaisir de le parcourir! Et le tuto à venir m’aidera certainement dans ma progression. Concrètement, dans ta pratique photographique procédé-tu systématiquement à l’équilibrage manuel des blancs ou utilise-tu aussi le mode (AUTO) et les modes prédéfinis? Je suppose avoir une partie de la réponse dans ton prochain tuto sur la bdb 😉 En attendant de te lire prochainement je te souhaite une bonne continuation et encore merci.

  7. Ah la balance des blancs! Voilà bien quelque chose qui tourmente bon nombre de photographes amateurs. Pourtant bien expliqué comme tu le fais dans cet article, on voit que final ce n’est pas si compliqué que cela.
    personnellement j’ai un « bob » qui gère très bien la bdb en mode auto, et comme je shoot systématiquement en raw, le pb est réglé pour moi. Ensuite Darktable ( sous Linux) permet de réaliser les opérations de post traitement comme LR sous Windows.
    merci M.A. pour cet excellent article

  8. Merci Marie Ange pour toutes vos infos. Quand vous préconisez de régler sa balance des blancs en photographiant une feuille blanche ou sa paume de main, ma question est : dans quel endroit faut il le faire ? A quelle température et à quelle distance ? La mise au point a bien du mal à se faire….. Cela me sera utile car je fais bcp de photos en intérieur pour mon métier et la luminosité est parfois difficile à gérer, même en automatique.

Laisser un commentaire